L'écologie serait-elle un sujet étranger à la foi chrétienne ? Bien au contraire. Dès les premières pages de la Bible, Dieu confie la terre à l'homme comme un jardin à cultiver et à garder. Prendre soin de la création et de notre manière de nous nourrir n'est pas une préoccupation à la mode : c'est une responsabilité que Dieu nous a donnée dès l'origine.
Cultiver et garder : une mission confiée
« L'Éternel Dieu prit l'homme, et le plaça dans le jardin d'Éden pour le cultiver et pour le garder. »
- Genèse 2:15Deux verbes définissent la vocation de l'homme envers la terre : la cultiver, c'est-à-dire la faire fructifier, et la garder, c'est-à-dire la protéger. L'homme n'est pas propriétaire de la création, il en est l'intendant. « À l'Éternel la terre et ce qu'elle renferme, le monde et ceux qui l'habitent » (Psaume 24:1). Nous gérons un bien qui appartient à Dieu, et tout intendant devra rendre des comptes.
Dominer n'est pas détruire
On a parfois abusé du verset où Dieu dit à l'homme de « dominer » sur la terre (Genèse 1:28) pour justifier son exploitation. Mais dominer, dans la pensée biblique, c'est régner comme Dieu règne : avec sagesse et bienveillance, non avec avidité. Le vrai roi, selon la Bible, protège et fait prospérer ce qui lui est confié. Saccager la création, l'épuiser, la polluer, c'est trahir la mission reçue, pas l'accomplir.
Un Dieu qui prend soin de sa création
Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent... et votre Père céleste les nourrit.
Dieu Lui-même prend soin de ce qu'Il a créé. Il nourrit les oiseaux, revêt les fleurs des champs, et « sa compassion s'étend sur toutes ses œuvres » (Psaume 145:9). La loi de Moïse prévoyait même le repos de la terre une année sur sept (Lévitique 25:4) et la protection des animaux (Deutéronome 25:4). Si Dieu se soucie du moineau (Luc 12:6), le mépris de la création ne peut pas Lui être indifférent.
Bien manger : recevoir avec reconnaissance
Notre alimentation fait partie de cette intendance. La Bible invite ni à l'excès ni au mépris de la nourriture, mais à la gratitude et à la mesure. « Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez... faites tout pour la gloire de Dieu » (1 Corinthiens 10:31). Manger devient un acte spirituel quand on reçoit sa nourriture comme un don : « Tout est bon, et rien ne doit être rejeté, pourvu qu'on le prenne avec actions de grâces » (1 Timothée 4:4).
Contre la gloutonnerie et le gaspillage
La sagesse biblique met en garde contre les excès : « Ne sois pas parmi... ceux qui se gorgent de viande » (Proverbes 23:20). Après avoir nourri la foule, Jésus donne une consigne étonnamment moderne : « Ramassez les morceaux qui restent, afin que rien ne se perde » (Jean 6:12). Le gaspillage n'est pas anodin : c'est mépriser un don de Dieu quand tant d'autres manquent du nécessaire. Manger avec sobriété et sans gâcher, c'est honorer à la fois le Créateur et le prochain.
Une intendance tournée vers l'espérance
Le chrétien ne prend pas soin de la terre par peur ou par idéologie, mais par fidélité à Dieu et par amour du prochain. La création « soupire » et attend sa restauration (Romains 8:22), et nous vivons dans l'espérance de « nouveaux cieux et une nouvelle terre » (2 Pierre 3:13). Cela ne nous dispense pas d'en prendre soin aujourd'hui, au contraire : c'est parce que cette terre compte pour Dieu qu'elle doit compter pour nous. Réduire son gaspillage, respecter le vivant, manger avec gratitude : autant de façons concrètes d'être un intendant fidèle.